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Mes lectures

Nous rêvions juste de liberté, de Henri Lœvenbruck

Wow ! Quel magnifique roman ! Cela faisait longtemps qu’un bouquin ne m’avait pas autant remué les tripes, donner envie d’hurler, de parcourir les routes par monts et par vaux, de vivre, quoi !

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Autobiographie de l'étranger, de Marie-Éve Lacasse : les autres qui ne sont pas moi

Je n’ai jamais compris cette expression de “chez soi”, se sentir bien “chez soi”. En France, je suis étrangère ; mais je suis étrangère où que j’aille et je n’ai trouvé, hélas, aucun lieu ni même aucun être auprès desquels je puisse entrevoir une forme de repos.

Cette présentation en quatrième de couverture du roman de Marie-Éve Lacasse m’a touchée en plein cœur. Sauf que dans mon cas, il faudrait que je remplace France par Canada, mais qu’importe. Dans cette auto-fiction, l’auteure exprime son rapport au monde, ses relations avec les autres qui ne sont pas elle, même les plus proches, même ceux que l’on aime de tout son cœur, comme sa fille ou son amoureuse. C’est très étrange les autres, parce que justement ils sont des étrangers. Étranger à notre vie, même s’ils nous l’ont donnée, étranger à notre vie, même si on leur a donnée.

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Sous le soleil de mes cheveux blonds, d’Agathe Ruga

En démarrant ma petite vie de bookstagrameuse, il y a quelques mois, j’ai découvert rapidement le compte de l’une des grandes prêtresses de cette belle communauté : agathe,the.book, bien sûr ! Une joie de vivre, un humour éclatant, de la détermination… Alors quand j’ai découvert qu’elle avait écrit un roman, j’ai été très curieuse !

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Mes lectures

Sorcières. La puissance invaincue des femmes, de Mona Chollet

Quelle lecture puissante ! J’ai dévoré cet essai comme un roman. L’auteure Mona Chollet s’intéresse à l’histoire de la domination et de la peur envers les femmes et nous aide à comprendre le fonctionnement de notre monde contemporain. Cette lecture m’a permis de mettre des mots sur un tas d’émotions, de colère, de frustrations que je peux ressentir à certains moments de ma vie. Mais elle m’a également menée vers le chemin de la connexion avec moi-même, dans la force créatrice des femmes. Et ça fait du bien !!!

L’essai est composé de trois parties et explore des pans de la féminité particulièrement stigmatisés, commentés, rejetés : la femme indépendante, la femme sans enfant, la femme âgée. Je me suis reconnue et j’ai reconnu des amies, des membres de ma famille, de mon entourage. Bref, ça m’a parlé fort !

  • Les femmes indépendantes : mais quelle menace pour l’ordre établi et la société patriarcale, mais pour qui se prennent-elles ? Allez traitons-les de putes, de folles, de mal baisées. Analysons toutes leurs paroles et leurs gestes à l’aune de leur volonté de vivre leur vie… et si elles trébuchent, crachons-leur à la figure : « trouve-toi un homme, un père, un mari, retourne à ta place ».
  • Les femmes sans enfant : des femmes incomplètes bien sûr, mais pour qui se prennent-elles à vouloir décider pour leur corps et pour leur vie ? Des femmes sans cœur : comment peut-on ne pas aimer avoir des enfants alors qu’elles sont faites pour cela ? Des tordues, oui !
  • Les femmes âgées : beurk, la dégoutante qui a vieilli et qui est ménopausée. À quoi sert-elle ? Qu’elles disparaissent, les inutiles. Rendons-les invisibles.
  • Sans oublier, la fin consacrée au corps féminin et à la médecine, la misogynie de l’univers médical, l’appropriation des corps pour la science… Voilà, voilà !

Le début de l’essai offre un retour historique sur les sorcières du Moyen Âge qui ont été pourchassées, torturées, brûlées, alors qu’elles n’étaient que des femmes possédant un savoir et une expérience. Le savoir de la guérison par les plantes, l’expérience de faire naître des enfants et de soulager les douleurs de l’enfantement. J’ai ressenti des nausées et des frissons d’horreurs lorsque Mona Chollet était son discours d’exemples précis et documentés.

J’ai également appris beaucoup de choses sur les mouvements féministes américains, et notamment sur Gloria Steinem. À ce propos, avez-vous vu la mini-série Mrs. America qui retrace les débuts du féministe aux États-Unis ? Moi, pas encore !

Bref, je recommande à toutes (et à tous !) de se plonger dans Sorcières. La puissance invaincue des femmes : un moment de lecture éclairant, un style limpide, un fourmillement de références et d’exemples !

Sorcières. La puissance invaincue des femmes, Mona Chollet, Zones, 2018.

Mes petites réflexions

Changer l’eau des fleurs, de Valérie Perrin

Ce que je trouve magnifique depuis que j’ai rejoint la belle communauté des bookstagrameuses, c’est que je découvre des livres que je n’aurais peut-être jamais été tentée de lire ! C’est ce qui est arrivé avec Changer l’eau des fleurs... Peut-être que mon cerveau l’aurait classé dans la catégorie « feel good » et que – à part à la plage éventuellement ! – je lis peu de romans de ce genre… Alors merci les bookstagrameuses et l’auteure Valérie Perrin de m’avoir fait rencontrer la très touchante Violette Toussaint.

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Vingt-quatre heures de la vie d’une femme, de Stefan Zweig

Un classique de la littérature… que je n’avais jamais lu ! Et que j’ai eu beaucoup de plaisir à lire !

Tout début du XXe siècle. Dans un hôtel de villégiature de la Côte d’Azur survint un événement hors du commun : une femme bien née quitte mari et enfants pour un jeune homme – beau et charmant de l’avis de tous – rencontré quelques jours auparavant dans la pension. Aussitôt les langues se délient et chacun y va de son avis : mais quelle genre de femme oserait commettre un tel acte et ruiner sa réputation ? Un jeune pensionnaire prend la défense de l’accusée en acceptant que la vie amène son lot de surprises. Il attire les confessions d’une dame âgée qui s’ouvre à lui en lui offrant le récit d’une aventure qu’elle a vécue, il y a longtemps, à l’aube de sa quarantaine.

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Le soleil des Scorta, de Laurent Gaudé

Mon cœur a fondu sous Le soleil des Scorta et sous la plume envoûtante de Laurent Gaudé ! Ce roman a toute les composantes que j’affectionne particulièrement : une saga familiale, les éléments naturels de la terre et la mer, le mysticisme et les croyances. C’est beau, c’est fort, c’est désespérant… C’est l’Italie, ou plutôt la terre des Pouilles, de la fin du XIXe sicle jusqu’aux années 1960.

L’écriture puissante et bouleversante de Laurent Gaudé cisèle à merveille le petit village de Montepuccio où de génération en génération, les Scorta sont accablés par le destin, depuis l’ancêtre qui n’a vécu que de rapines et de prison et qui se trompe de femme et engrosse sa sœur : ainsi naît la lignée des Scorta. D’une erreur d’un minable. Dès lors, les enfants engendrés essaieront – parfois – de s’en sortir, mais ils sont incapables d’échapper à leur destin, et lorsqu’ils s’aventurent pour l’Amérique, cette terre de renouveau et de liberté les refuse et les renvoie à leur crasse. Alors, que peut-on transmettre à ses enfants dans ce contexte ? La sueur… C’est la seule chose qui leur reste et dans laquelle les Scorta excellent… Vivre à la sueur de leur front. Laurent Gaudé nous offre de formidables réflexions sur la famille, l’appartenance, la filiation, la transmission. Les personnages sont voleurs, mesquins, pleins de défaut, mais on s’y attache terriblement.

J’ai été très émue par la scène de repas familial qui réunit toutes les générations, vêtues de leurs plus beaux habits. Le temps s’arrête pour profiter du bonheur de l’instant présent. L’avenir n’existe plus et les agapes de poissons et de fruits de mer pêchés le matin même se terminent une fois la pancia piena (la panse pleine). Je me suis sentie tout au long du roman transportée dans les Pouilles, dans ce petite village qui sent la tomate séchée et l’huile d’olive, où la mer brille sous le soleil écrasant.

Un roman avec peu d’actions, empreint de réalisme, qui laisse dans nos cœurs la brûlure du soleil des Scorta. Je comprends pourquoi ce roman a obtenu le prix Goncourt 2004 !

Le soleil des Scorta, de Laurent Gaudé, Actes Sud, 2004.

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Mrs Hemingway, de Naomi Wood

J’ai adoré Mrs Hemingway ! La plume de Naomi Wood retrace avec subtilité la vie des femmes d’Ernest Hemingway. Il en a eu quatre tout de même ! Hadley, Fife, Martha et Mary. Quatre femmes qui ont accompagné la vie de ce géant de la littérature, quatre femmes intelligentes, sensibles et belles, qui se déploient comme un éventail de début des années 1920 lorsqu’Ernest Hemingway est un écrivain en herbe jusqu’à son suicide en 1961 dans sa finca de Cuba. Ce roman offre un portrait intimiste de l’auteur de Le Vieil homme et la mer, baroudeur, pêcheur hors pair, amoureux éperdu qui veut épouser ses maitresses à tout prix tout en gardant sa femme, travailleur acharné, ivrogne, brutal… Le portrait n’est pas glorieux mais vu à travers l’œil de ses femmes, on ne peut que l’aimer.

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Envole-moi, de Sarah Barukh : Loin de cette fatalité qui colle à ma peau

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Envole-moi nous plonge dans une histoire d’amitié comme celle que l’on construit quand on est au collège et qu’on se dit « à la vie, à la mort ». Les deux amies, Anaïs et Marie, ont grandi. Elles se sont éloignées, puis perdues de vue, jusqu’à ce que, dix ans plus tard, le téléphone d’Anaïs sonne et marque le départ d’une nouvelle aventure.

L’auteure Sarah Barukh alterne avec habileté l’intrigue du présent avec des flash-back dans les années 1990 qui construisent peu à peu la complexité de la relation entre Anaïs et Marie, entre leurs douleurs personnelles et leurs confrontations amicales et sociales. Parce qu’à cet âge-là, l’amitié, c’est aussi l’amour, la haine, la trahison, le regard des autres, les actes irréfléchis… et progressivement chacun fait son chemin vers l’âge adulte. L’auteure aborde de nombreux thèmes sociaux comme le racisme, l’antisémitisme, le voile, la radicalisation.

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Le vieux qui lisait des romans d’amour : au revoir Luis Sepúlveda

Au revoir Luis Sepúlveda.

Je peux vous dire que Le vieux qui lisait des romans d’amour fait partie des livres qui m’ont le plus bouleversée dans ma vie de lectrice. J’ai découvert cet auteur chilien, exilé en Espagne, dans ma vingtaine alors que j’arpentais les terres d’Amérique du Sud, et plus jamais je n’ai oublié Luis Sepúlveda.

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