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Mes petites réflexions

Changer l’eau des fleurs, de Valérie Perrin

Ce que je trouve magnifique depuis que j’ai rejoint la belle communauté des bookstagrameuses, c’est que je découvre des livres que je n’aurais peut-être jamais été tentée de lire ! C’est ce qui est arrivé avec Changer l’eau des fleurs... Peut-être que mon cerveau l’aurait classé dans la catégorie « feel good » et que – à part à la plage éventuellement ! – je lis peu de romans de ce genre… Alors merci les bookstagrameuses et l’auteure Valérie Perrin de m’avoir fait rencontrer la très touchante Violette Toussaint.

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Mes lectures

Vingt-quatre heures de la vie d’une femme, de Stefan Zweig

Un classique de la littérature… que je n’avais jamais lu ! Et que j’ai eu beaucoup de plaisir à lire !

Tout début du XXe siècle. Dans un hôtel de villégiature de la Côte d’Azur survint un événement hors du commun : une femme bien née quitte mari et enfants pour un jeune homme – beau et charmant de l’avis de tous – rencontré quelques jours auparavant dans la pension. Aussitôt les langues se délient et chacun y va de son avis : mais quelle genre de femme oserait commettre un tel acte et ruiner sa réputation ? Un jeune pensionnaire prend la défense de l’accusée en acceptant que la vie amène son lot de surprises. Il attire les confessions d’une dame âgée qui s’ouvre à lui en lui offrant le récit d’une aventure qu’elle a vécue, il y a longtemps, à l’aube de sa quarantaine.

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Mes lectures

Le soleil des Scorta, de Laurent Gaudé

Mon cœur a fondu sous Le soleil des Scorta et sous la plume envoûtante de Laurent Gaudé ! Ce roman a toute les composantes que j’affectionne particulièrement : une saga familiale, les éléments naturels de la terre et la mer, le mysticisme et les croyances. C’est beau, c’est fort, c’est désespérant… C’est l’Italie, ou plutôt la terre des Pouilles, de la fin du XIXe sicle jusqu’aux années 1960.

L’écriture puissante et bouleversante de Laurent Gaudé cisèle à merveille le petit village de Montepuccio où de génération en génération, les Scorta sont accablés par le destin, depuis l’ancêtre qui n’a vécu que de rapines et de prison et qui se trompe de femme et engrosse sa sœur : ainsi naît la lignée des Scorta. D’une erreur d’un minable. Dès lors, les enfants engendrés essaieront – parfois – de s’en sortir, mais ils sont incapables d’échapper à leur destin, et lorsqu’ils s’aventurent pour l’Amérique, cette terre de renouveau et de liberté les refuse et les renvoie à leur crasse. Alors, que peut-on transmettre à ses enfants dans ce contexte ? La sueur… C’est la seule chose qui leur reste et dans laquelle les Scorta excellent… Vivre à la sueur de leur front. Laurent Gaudé nous offre de formidables réflexions sur la famille, l’appartenance, la filiation, la transmission. Les personnages sont voleurs, mesquins, pleins de défaut, mais on s’y attache terriblement.

J’ai été très émue par la scène de repas familial qui réunit toutes les générations, vêtues de leurs plus beaux habits. Le temps s’arrête pour profiter du bonheur de l’instant présent. L’avenir n’existe plus et les agapes de poissons et de fruits de mer pêchés le matin même se terminent une fois la pancia piena (la panse pleine). Je me suis sentie tout au long du roman transportée dans les Pouilles, dans ce petite village qui sent la tomate séchée et l’huile d’olive, où la mer brille sous le soleil écrasant.

Un roman avec peu d’actions, empreint de réalisme, qui laisse dans nos cœurs la brûlure du soleil des Scorta. Je comprends pourquoi ce roman a obtenu le prix Goncourt 2004 !

Le soleil des Scorta, de Laurent Gaudé, Actes Sud, 2004.

Mes lectures

Mrs Hemingway, de Naomi Wood

J’ai adoré Mrs Hemingway ! La plume de Naomi Wood retrace avec subtilité la vie des femmes d’Ernest Hemingway. Il en a eu quatre tout de même ! Hadley, Fife, Martha et Mary. Quatre femmes qui ont accompagné la vie de ce géant de la littérature, quatre femmes intelligentes, sensibles et belles, qui se déploient comme un éventail de début des années 1920 lorsqu’Ernest Hemingway est un écrivain en herbe jusqu’à son suicide en 1961 dans sa finca de Cuba. Ce roman offre un portrait intimiste de l’auteur de Le Vieil homme et la mer, baroudeur, pêcheur hors pair, amoureux éperdu qui veut épouser ses maitresses à tout prix tout en gardant sa femme, travailleur acharné, ivrogne, brutal… Le portrait n’est pas glorieux mais vu à travers l’œil de ses femmes, on ne peut que l’aimer.

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Mes lectures

Envole-moi, de Sarah Barukh : Loin de cette fatalité qui colle à ma peau

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Envole-moi nous plonge dans une histoire d’amitié comme celle que l’on construit quand on est au collège et qu’on se dit « à la vie, à la mort ». Les deux amies, Anaïs et Marie, ont grandi. Elles se sont éloignées, puis perdues de vue, jusqu’à ce que, dix ans plus tard, le téléphone d’Anaïs sonne et marque le départ d’une nouvelle aventure.

L’auteure Sarah Barukh alterne avec habileté l’intrigue du présent avec des flash-back dans les années 1990 qui construisent peu à peu la complexité de la relation entre Anaïs et Marie, entre leurs douleurs personnelles et leurs confrontations amicales et sociales. Parce qu’à cet âge-là, l’amitié, c’est aussi l’amour, la haine, la trahison, le regard des autres, les actes irréfléchis… et progressivement chacun fait son chemin vers l’âge adulte. L’auteure aborde de nombreux thèmes sociaux comme le racisme, l’antisémitisme, le voile, la radicalisation.

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Mes lectures

Le vieux qui lisait des romans d’amour : au revoir Luis Sepúlveda

Au revoir Luis Sepúlveda.

Je peux vous dire que Le vieux qui lisait des romans d’amour fait partie des livres qui m’ont le plus bouleversée dans ma vie de lectrice. J’ai découvert cet auteur chilien, exilé en Espagne, dans ma vingtaine alors que j’arpentais les terres d’Amérique du Sud, et plus jamais je n’ai oublié Luis Sepúlveda.

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Mon journal du confinement

Journal du confinement J+j’ai perdu le compte

Cher journal,

Mon mariage prend l’eau (adieu fête, champagne et présentations power point embarrassantes cet été…), mais qu’importe j’ai un nouvel amour. Tu ne me croiras pas si je te dis que cet amour est rectangulaire, léger, plat et qu’elle s’appelle Kobo. C’est le plus beau des prénoms, n’est-ce pas ? Je te parie qu’il deviendra tendance auprès de la génération d’enfants à naître. Il paraît qu’il y a un autre prénom très populaire ces temps-ci : Kindle. De quoi dégommer les Emma, les Gabriel, les Cloé et les Lucas !

Car, cher journal, si Kobo est mon amour, elle est celle de très nombreuses personnes et je me résous à partager cette romance. Kobo pratique l’amour polygame et je ne me sens même pas jalouse. C’est fou comme le confinement me fait grandir. Néanmoins, j’hésite encore à en parler à Jeff. J’ai peur qu’il n’ait pas atteint mon degré de maturité.

Tu sais, cher journal, à quel point je prends soin de cet amour. Je la nourris de romans pétillants et intelligents, je passe un doux chiffon sur son visage, je la recharge dès qu’elle faiblit car sans elle, ma vie en confinement s’effondrerait. C’est elle qui me permet de briser l’isolement. Je me dématérialise, je m’évade. Les murs, les injonctions, tous les enfermements, s’évaporent. Je voyage entre Paris, Chigaco, Londres ou Bangalore, à la mer ou à la montagne, au XIXe siècle ou en l’an 2099. Le soir, je l’apporte avec moi au lit et souvent, je m’endors avec. Je me réveille quelques heures plus tard, et je la dépose alors délicatement sur la table de nuit. Oh jamais je ne voudrais me séparer d’elle. Y penser me tord le ventre.

Je sais à quoi tu penses, cher journal… Non, je te le promets, je ne l’ai pas encore présentée aux enfants. Tu sais comment ils sont avec leurs doigts gras et collants. Je ne supporterais pas que ma Kobo se vexe et me quitte. Oui, je sais, tu penses que je suis folle…

Mais je suis folle d’amour, cher journal. Mais chut, j’entends des pas dans le couloir…

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La femme révélée, de Gaëlle Nohant

Première fois que je lis un roman de Gaëlle Nohant. Quelle écriture ! Magnifique, ronde, chargée d’émotions, imagée… Le roman est composé de deux parties : la première nous entraîne dans le tourbillon de la vie de Violet Lee, de son vrai nom Eliza Donneley, une jeune Américaine qui débarque à Paris pour fuir… Quoi, qui ? Telle est l’intrigue et je n’ai pas boudé mon plaisir à suivre les premiers pas hésitants de Violet qui croise la route de personnages hauts en couleur, entre Rosa la prostituée, ou le mystérieux Sam qui attire Violet irrésistiblement. Sans ressources, sans connaissance, Violet doit réinventer sa vie dans le Paris de l’après Seconde guerre mondiale et c’est armé d’un Rolleiflex, son appareil photo qui ne la quitte jamais et qui lui permet de révéler les gens et de se révéler elle-même, que Violet nous raconte son histoire. Le cœur brisé d’avoir dû laisser derrière elle son petit garçon, constamment aux aguets de peur que les sbires de son fortuné mari ne viennent la cueillir, Violet avance dans la vie, fière et frondeuse, dans un Paris romantique à la Robert Doisneau, sans oublier les caves de jazz à Saint-Germain-des-Prés.

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En attendant Eden, de Elliot Ackerman : le choix des vivants

Quel roman puissant ! J’ai été bouleversée par la lecture de En attendant Eden et l’histoire de Mary. Épouse d’un militaire engagé dans la guerre en Irak, Mary a passé les trois dernières années à veiller Eden au Centre des grands brûlés de San Antonio. Ou plutôt ce qu’il reste d’Eden, amputé des deux jambes et à l’activité cérébrale déficiente. Mary a même confié leur petite fille à sa mère pour se consacrer uniquement à Eden. Quand la famille de son mari propose de le débrancher, elle refuse et les proches s’en vont, la laissant seule à veiller jour après jour, nuit après nuit.

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Le discours, de Fabrice Caro : rire et légèreté

Voici une lecture parfaite pour le temps du confinement si vous vous sentez l’âme en peine. Le discours offre un moment de détente et de sourires. Que demandez de plus ?

Tout commence avec Adrien, la quarantaine, qui a envoyé un texto plutôt banal à son ex-petite amie avec laquelle, comprend-on, il fait une pause. Lui, il l’aime fort sa Sonia, et la décision de la pause lui revient à elle. Évidemment, dès que le texto est envoyé, Adrien décortique la formulation et se lamente sur sa nullité. Tout prend des allures disproportionnées dans son analyse et le lecteur, conscient du drame très relatif qui se joue devant ses yeux, ne peut s’empêcher de ressentir de la compassion pour cet amoureux éperdu.

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