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Les femmes sont occupées, de Samira El Ayachi : la charge mentale d’une mère célibataire

Les femmes sont occupées… Évidemment, je me suis sentie interpellée par le titre du roman. J’ai donc plongé avec curiosité dans le récit de Samira El Ayachi, et j’ai tout de suite sympathisé avec son personnage principal, dont nous ignorons le nom, et que l’auteure interpelle avec le « tu ».  » Tu comprends que cette femme longue au dos cambré qui cherche sous le canapé et sous les chaises renversées, c’est toi. Te voilà avec une trouille bleue au ventre, à chercher tes repères. » Le « tu » se retrouve seule, avec son bébé qu’elle nomme avec tendresse « Petit chose ». L’amoureux (et le père) a mis les voiles ou elle l’a sommé de partir, on ne sait pas trop et peu importe. Et le « tu » nous entraîne dans sa vie quotidienne de femme et de mère qui apprend à jongler avec son travail, sa thèse, les tâches ménagères, les soins et l’amour à donner à Petit chose. On la suit pas à pas dans sa nouvelle vie, dans sa conciliation famille-travail, dans ses relations aux autres qui changent. Et surtout, dans sa soif de vivre, de s’épanouir, de mener à terme ses projets professionnels, d’être une bonne mère.

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Les Couilles sur la table, par Victoire Tuaillon : dissection des masculinités

Vous connaissez le podcast des Couilles sur la table ? (si non, c’est par ici) Voilà le livre ! Aussi pertinent et essentiel que l’émission.

Victoire Tuaillon, conceptrice et réalisatrice du podcast et du livre, propose d’inspecter les masculinités. Mieux de les décortiquer et de les disséquer. Un contrepied très intéressant aux analyses féministes plus « classiques » (mais ô combien importantes et éclairantes) !

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Ténèbre, de Paul Kawczak : un coup de cœur absolu !

J’ai ADORÉ ce roman de Paul Kawczack et je peine à trouver les mots pour vous en parler.

Ténèbre nous fait plonger dans l’univers de la colonisation du Congo par les Belges à la fin du XIXe siècle. Pierre Claes, un géomètre belge, est mandaté par le roi Leopold II pour cartographier et tracer les frontières au nord du Congo. Fraîchement débarqué, le jeune homme découvre des terres inhospitalières, grouillantes d’animaux sauvages et d’insectes, où les hommes sont décimés par la malaria et autres fièvres équatoriales. Il remonte le fleuve avec son expédition et il contemple les horreurs de la colonisation qui, peu à peu, ont raison de lui. L’Afrique est en putréfaction, les Blancs sont sanguinaires, coupent les mains et les pieds, abattent les hommes, les femmes et les enfants indigènes.

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Une fille pas trop poussiéreuse, de Matthieu Simard : une dystopie grinçante

L’auteur Matthieu Simard nous embarque à la fin du monde. Brusquement, un nuage de cendres épais s’est abattu sur la planète et les survivants se débrouillent sans électricité, sans téléphone et sans Wifi (c’est dans ce manque que réside probablement le plus grand drame de l’humanité;), sans médicaments, sans grand chose à manger… et sans même de larmes pour pleurer ! Car pas d’apitoiement dans l’écriture de Matthieu Simard mais plutôt du cynisme et de l’ironie, ce qui rend ce roman assez hors norme. On ne sait pas s’il faut rire de cette dystopie (c’est-à-dire roman post-apocalyptique) ou s’il faut être en empathie avec les personnages : du coup, on zigzague d’un sentiment à l’autre, on alterne les moments grinçants et les moments émouvants. Et cela m’a beaucoup plu !

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Une bête au Paradis, de Cécile Coulon : une vengeance rurale

Le Paradis… une petite ferme près d’un village où vivent Émilienne, ses deux petit-enfants Blanche et Gabriel, et Louis, garçon à tout faire recueilli par la grand-mère alors qu’il fuyait des parents abusifs. Le Paradis est marqué par la tragédie, celle de la mort dans un accident de voiture des parents de Blanche et Gabriel lorsqu’ils étaient des enfants. Des êtres blessés qui pataugent dans la boue.

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Le soleil et ses fleurs, de Rupi Kaur : de la beauté des mots

Il y a des livres si beaux qu’écrire sur leur magie revient à se sentir comme un éléphant dans un champ de coquelicots. La lecture de Le soleil et ses fleurs m’a subjuguée. J’ai ouvert le livre et quelques heures plus tard, dans le silence de la nuit, j’ai tourné la dernière page. J’ai émergé d’un espace-temps où je suis descendue au plus profond de mon cœur. La réalité de mon quotidien, le souper, les jeux avec les enfants, le bain, les échanges avec mon conjoint, se faisait entendre d’une voix lointaine. J’ai pris soin de ma tribu dans un état de choc, tant la justesse des mots et la beauté de la poésie de Rupi Kaur ont imprégné ma chair.

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Vie de David Hockney, de Catherine Cusset : plongée dans le cœur des hommes en version Paris Match

Vous le savez, j’aime tout ce qu’écrit Catherine Cusset ! C’est donc avec un grand plaisir que je me suis assise dimanche après-midi dans mon canapé avec Vie de David Hockney. En 2017, j’avais vu au Centre Pompidou (Paris) la grande exposition qui lui avait été consacrée et cela avait été une découverte pour moi. J’ignorais tout de sa peinture et du fait que David Hockney est un artiste britannique, âgé aujourd’hui de 82 ans, dont les toiles se vendent à plusieurs millions d’euros ! Et j’ai beaucoup aimé ses peintures : ses paysages aux couleurs vives, ses scènes de piscine aux amants nus, ses lignes droites et figées mais dont les perspectives intrigue notre regard. Si vous voulez découvrir l’artiste, son site officiel est par ici.

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Mes courts récits littéraires

Les corps étrangers

Mon bébé est né. Je suis seule dans la chambre d’hôpital. Je parle à voix-haute et je répète : Mon bébé est né. Je ne reçois aucun écho. Je ne dois pas être sur la bonne fréquence. Mon encéphalogramme émotionnel est plat. Mes yeux descendent sur mon ventre, vide, gros, flasque. En trois poussées, il a perdu tout intérêt. La seule attention qu’il attirera désormais est celle du pèse-personne et du coach sportif. Chaque jour, je contrôlerai ma nourriture et j’attendrai impatiemment les quelques semaines de répit pour mon utérus avant que je ne fasse subir à mes abdominaux des séances d’efforts quotidiens. Je n’aurai qu’un objectif : effacer toute trace de l’enfant. Mon ventre devra être celui d’une femme, pas celui d’une mère.

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Les toits du paradis : un hymne à la joie

Le Paradis… Un bidonville de Bangalore, dans le sud de l’Inde. Sous la tôle et les bâches, se déploie la vie animée de Banu, Deepa, Joy, Rukshana et Padma, cinq jeunes filles soudées comme les doigts de la main. Quand les bulldozers arrivent pour raser le Paradis afin de construire un centre commercial, elles s’organisent et œuvrent de stratégies audacieuses pour les faire stopper. Parce qu’elles sont comme ça, ces cinq filles-là, vives, intelligentes, futées et pleines d’esprit ! On découvre leurs histoires à chacune et c’est toute la culture indienne qui nous est conté : les castes, les inégalités sociales extrêmes, les bidonvilles, la violence contre les femmes, le goût et les odeurs de la cuisine épicée, la flamboyance des couleurs… Paradoxe du Paradis : il déchire le cœur du lecteur tout en lui apportant une joie de vivre ! C’est peut-être ça l’Inde.

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Kukum, de Michel Jean : qu’avons-nous fait aux Premières nations ?

Kukum, c’est « grand-mère » en langue innue. L’auteur Michel Jean donne la parole à son arrière-grand-mère, Almanda, une jeune blonde aux yeux bleus de 15 ans qui épouse Thomas Siméon, un jeune homme de la communauté des Innus de Pekuakami. Nous sommes au début du 20e siècle. Almanda nous raconte avec douceur et émerveillement sa rencontre avec Thomas. Elle va devenir l’une des leurs. Elle acquiert peu à peu la langue. Au sein de la tribu, Almanda apprend à marcher dans la forêt sans faire craquer les branches, à chasser la perdrix, à poser des pièges, à tanner les peaux. Orpheline élevée par un couple de braves gens, l’ayant recueillie probablement plus par charité que par désir d’enfant, Almanda se révèle à elle-même auprès de sa nouvelle famille. Ici, tout est liberté, tout est mouvement.

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